Yannick Le Breton, éclaireur du commerce - Pépites Vertes x IdC - Episode 7
L'Institut du Commerce, en partenariat avec les Pépites Vertes, vous propose à travers une série d'interviews publiées sur LinkedIn de découvrir les parcours, engagements et leviers de transformation des adhérents de l'association : "Les éclaireurs du commerce".

"Je suis passé d’une approche orientée process à une approche orientée humains" : Yannick Le Breton, directeur transformation RSE à La Belle Iloise, pour qui l'avenir s'écoute avant de se piloter
S’il m’a proposé de le retrouver sur la baie pour notre interview, j’ai malheureusement dû me passer de la côte sauvage quiberonnaise. C’est donc en visio que nous échangeons, 3 ans après s’être croisés sur The Arch, un événement embarqué de 4 jours sur lequel nous étions tous les deux participants… L’océan, toujours en fil rouge de nos rencontres, me fait dire que la prochaine fois, peut-être, serons-nous sur un bateau de pêche ? ⚓️
Yannick Le Breton est directeur transformation & RSE à la belle-iloise, la conserverie familiale de Quiberon qui fêtera ses 100 ans en 2032. Diplômé d'une formation technique et managériale en agroalimentaire et d'un DESS en management, Yannick commence sa carrière dans une conserverie de légumes d'Intermarché, dans le Morbihan. De cette première expérience, il développe une maîtrise des standards de production, des systèmes d'information, de la gestion industrielle… et consolide ainsi une base rigoureuse au croisement de ses passions : la production, la qualité, et les humains derrière.
Il rejoint ensuite La Belle Iloise - qu’il ne quittera pas - il y a maintenant vingt ans. Année après année, il traverse les fonctions : contrôle de gestion, performance, qualité globale, amélioration continue… Sa mission initiale ? Accompagner l’entreprise à se certifier et à s’approcher des normes qui l’aideront à augmenter son impact positif : une compétence rare !
Des process pour transformer à la transformation pour humaniser
En 2019, Caroline Hilliet Le Branchu, Présidente-Directrice de la Belle Iloise et petite-fille du fondateur, lui propose d’aller plus loin en lançant un projet de coordination de la démarche RSE au sein de toutes les fonctions. "C’était assez logique pour moi de dire oui, parce que j'avais déjà l’approche certifications." Le début d'une histoire qui dépassera la norme et les cases à cocher !
Au travers de l’obtention du Label Enseigne Responsable, Yannick enclenche la discussion de manière transversale avec toutes les parties prenantes. De l’audit à l’animation du plan d’action, il tient à réunir l’ensemble des fonctions autour de la table, de la direction aux collaborateurs des différents secteurs… Une démarche qui se poursuit dans l’aboutissement du statut d’entreprise à mission, avec la raison d’être suivante : “Permettre à chacun de vivre mieux en conciliant manger sain et plaisir”.
Le directeur RSE nous le dit avec transparence : “Pendant notre processus de rédaction de la mission, nous nous sommes retrouvés face à des questions profondes, qui vont au-delà du business. Qui sommes-nous humainement et comment allons-nous construire le futur ? Comment répondre à cette question, quelles ressources mobiliser pour y arriver collectivement ?”
Parmi les plus grands leviers pour répondre à ces défis, Yannick précise : “la clé, ça a été l’écoute. L’écoute sincère, profonde, authentique de soi comme de l’autre.” Une compétence à laquelle il se forme au fur et à mesure de son intégration à différents réseaux. Le programme de transformation culturelle (Développer son leadership pour accompagner la transition écologique et sociale) de l’Institut du Commerce sera parmi ses déclics les plus forts.
En collectif, sur 12 journées, il apprend à décaler la focale du process à l’humain. Une nouvelle manière d’appréhender les enjeux qui se nourrit année après année lors de ses différentes expériences, comme pendant The Arch un séminaire embarqué de plus de 1600 participants. “C’était une expérience unique. Je suis sorti différent de qui j’étais en entrant. Le nombre d'intervenants, les sessions de travail en collectif, la conscience de l’urgence, le pragmatisme de l’approche… tout cela est venu renforcer mes convictions et mon engagement.”.
Année après année, la vision se clarifie et l’ambition de la durabilité trouve son écho en interne… à tel point qu’en 2024, la Présidente-Directrice propose à Yannick d’intégrer le comité de direction : ce qu’il accepte !
Penser la transformation avec robustesse
Quand on l'interroge sur la singularité de son entreprise, le directeur RSE explique : la belle-iloise a un modèle unique : l’entreprise vend des conserves de poisson en filière courte, avec un positionnement premium. Lorsqu’on mange un produit de la marque, on y trouve du goût, de la finesse, et du voyage.” Une marque premium, certes, mais dépendante de la pêche et de la ressource poisson qui n’est pas inépuisable... Alors, comment penser ce modèle historique dans le cadre des limites planétaires ? Comment inventer le futur des produits sans dénaturer la promesse de l’entreprise ?
À ces questions, deux mots clés ressortent de la vision de la transformation de la Belle Iloise : résilience et robustesse. La résilience appliquée au business a émergé en tant que concept pendant le COVID, alors les organisations se demandaient : “comment absorber le choc de la crise, tenir, et rebondir ?”. La robustesse, démocratisée comme principe d’action inspiré du vivant par Olivier Hamant, représente le maintien d’un système stable malgré les fluctuations. Cela suggère la construction de projets adaptables, qui ont intégré et anticipé l’impermanence des choses environnantes.
Au-delà des mots et de la théorie, ces concepts questionnent parfois sur leur capacité à (vraiment) s’incarner opérationnellement. La belle-iloise semble avoir décidé d’en faire une vraie boussole.
“Pendant le COVID, les magasins ont été fermés, et notre principal canal de distribution a ainsi été coupé, mais les commandes en ligne ont explosé. Le site internet a été optimisé, les équipes se sont réorganisées - j’ai personnellement passé plusieurs journées à remplir des cartons, et nous avons été en capacité de faire de la préparation de commande. En ça - sans le théoriser particulièrement sur le moment - nous avons été résilients.”
Diversifier les canaux de distribution, pendant le COVID, les équipes de la Belle Iloise ont su le faire… Pourquoi ne pas capitaliser sur cette posture agile et oser diversifier les offres ? C’est à partir de ça que l’entreprise, accompagnée par le cabinet Utopies, a su penser la stratégie RSE et transformation.
En faisant un travail de projection vers le futur à partir de la mission, différents projets de développement ont émergé :
- diversifier la ressource : la végétalisation de l’offre
- diversifier la création de valeur : la fabrication pour d’autres, en capitalisant sur l’expertise et l’outil de production
- diversifier les circuits de distribution : l’acquisition de la Quiberonnaise, marque distribuée en grande surface
L'importance du réseau qui sort des écrans
On le lit en fil rouge de ce portrait : pour Yannick, la transformation est un projet à penser en équipe et en écosystème. Au-delà de la formation vécue à l’Institut du Commerce, le joueur collectif a décidé de s’impliquer dans la vie des alumnis et dans le réseau local qui fédère les membres du grand ouest. “J’aime rencontrer les gens au-delà des webinaires, sortir des chemins balisés, me décentrer. C'est aussi en ne cherchant pas que l'on trouve. Je garde désormais du temps pour appliquer le principe de sérendipité. C’est ainsi que j’ai rencontré Katia Tardy de Kignion (voir l'épisode 4 des Eclaireurs du Commerce) et que me suis retrouvé avec quinze autres industriels autour de la table pour l’aider à penser son projet de passage à l’échelle.” Un véritable ambassadeur du réseau ! Et vous, vous nous rejoignez quand ?
Episode 1 avec Gaëlle Le Floch
Episode 3 avec Charles Kloboukoff
Qui est notre partenaire Claire Pétreault des Pépites Vertes?
"L'avenir, ce n'est pas ce qui va nous arriver, c'est ce que nous allons faire".
Claire Pétreault a créé les Pépites Vertes en septembre 2020 à la sortie du confinement en me donnant une mission forte : motiver la nouvelle génération à bosser pour la transition écologique. Aujourd'hui les Pépites, c'est une SASU avec 3 personnes à plein temps qui coordonnent 3 activités : un média digital (45K+ abonnés), une communauté de jeunes salariés de la transition écologique (250 Pépites) et une agence de com (10+ clients parmi la Fondation Good Planet, La Banque Postale, KPMG, l'Ecole Supérieure des Agricultures).
Passionnée par la communication, les médias, le pouvoir des imaginaires, l'innovation à impact, les gens, Angers, l'écriture, les emoji, la danse, et plus que tout : la vie.
Depuis 2017, elle travaille dans l'écosystème de l'impact. Elle est passée par Cocycler, Voxe, le Drenche, la Ruche qui dit Oui et ChangeNOW dont elle a coordonné la communication pendant 3 ans. Elle est également modératrice, conférencière et enseignante à Sciences Po. Elle est membre du Conseil d'Administration du Mouvement Impact France, particulièrement impliquée sur les sujets de communication.
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