Elsa Lomont, éclaireuse du commerce - Pépites Vertes x IdC - Episode 4

L'Institut du Commerce, en partenariat avec les Pépites Vertes, vous propose à travers une série d'interviews publiées sur LinkedIn de découvrir les parcours, engagements et leviers de transformation des adhérents de l'association : "Les éclaireurs du commerce". 

"J’ai envie de participer à un monde auquel j’aspire" : Elsa Lomont ou l’entrepreneuriat au service de son ambition pour un commerce durable

Jamais sans sa conviction tranquille et son sens du concret, Elsa est la fondatrice d’Ethikis, diffuseur du label LONGTIME®, le label anti-obsolescence dont nous vous partageons les coulisses dans cet article.

Et lorsqu’on remonte le temps, on réalise à quel point l’entrepreneuse a le commerce dans le sang ! Dès ses jeunes années, cette toulousaine à l’accent chantant et au dynamisme communicatif enchaîne un bac technologique en gestion, une prépa HEC puis une école de commerce du sud de la France. 

Son appétence pour un commerce “différent” se matérialise rapidement avec l’approche euroméditerranéenne et développement durable de son cursus - et le décalage qu’elle ressent dans les cours de marketing uniquement concentrés sur la création de profit… 

C’est ainsi qu’à 24 ans, à peine sortie d’école, elle lance avec ses associés son premier projet : un club de paintball à vocation sociétale avec la promesse de faire du jeu un levier d’insertion. Pendant plus de 6 ans à la tête de cette organisation engagée, elle développe une intuition qui ne la quittera plus : l’entreprise peut être un espace où chacun se révèle.

L’entrepreneuriat pour se réinventer tout en restant alignée

Mais toute entrepreneuse qui se respecte a régulièrement besoin de changement, d’évolution, de créativité… C'est donc en croisant la route de Florent, porteur d'un projet de label anti-obsolescence, qu'Elsa enclenche la deuxième partie de son parcours entrepreneurial. 

Aux côtés de son co-fondateur, elle garde ses valeurs mais change son sujet de prédilection et reprend ses lunettes d’exploratrice en allant à la rencontre de toutes les parties prenantes de la lutte contre les déchets prématurés. Associations (FNE, Amis de la Terre, Halte à l’Obsolescence Programmée), réparateurs, acteurs institutionnels comme l’ADEME... La petite équipe cartographie largement les freins et les leviers… jusqu’au “déclic” : l’entretien avec le DG d’Xplorer, un fabricant de détecteurs de métaux de Castanet. 

Je sais que je fais de la qualité, j'aimerais bien qu'un tiers puisse le dire.” leur partage l’entrepreneur lors de la rencontre. Pour Elsa et Florent, c’est le moment pivot. “On savait qu’il y avait un besoin sociétal, mais on avait besoin de s’assurer que de l’autre côté, l’usage prendrait. Ce jour-là, je me souviens être sortie du rendez-vous dans un sentiment d’euphorie. Je me sentais investie d’une mission : celle d’être un intermédiaire indépendant, capable à la fois d’encourager les fabricants à aller plus loin et d’éclairer les consommateurs : notre label”.

Construire un label dans un climat de défiance

Créer un label de confiance sur la durabilité des objets en 2018, c'est s'attaquer à un problème de confiance autant qu'à un problème technique : “Il était hors de question qu'on se retrouve dans un reportage d’Élise Lucet”, nous partage Elsa avec conviction. Dès le départ, critères publics, audit indépendant, consultations systématiques… sont de mise. 

Ce chemin les amène à créer un cahier des charges autour de trois piliers robustes et, plus que tout, vérifiables et non opposables :

  • le produit est conçu pour durer
  • tout est mis en œuvre pour faciliter la réparation en cas de panne
  • les critères de cycle de vie sont cohérents : performance énergétique, emballages, fin de vie

Et pour répondre au traditionnel “encore un nouveau label ?”, Elsa a un argument de poids : dans ce secteur, il n'existait tout simplement pas d'éco-label de type 1. Ethikis vient simplement combler un besoin.

35 marques et un modèle qui tient

Aujourd'hui, Ethikis compte 350 gammes de produits labellisés LONGTIME via 35 marques. Parmi les marques labellisées ? Dyson, Whirlpool, Fairphone, mais aussi des PME françaises comme Univ’R Chauffage ou Santos. En toute transparence, le modèle économique repose sur deux étapes : accompagner les fabricants dans la préparation de l'audit puis percevoir une redevance annuelle pour l'utilisation du label. Évidemment, l’audit est opéré par Apave Certification ou le LNE (Laboratoire National de métrologie et d’Essais), des organismes de contrôle indépendants dans lesquels LONGTIME® n’intervient pas. 

Ce qui a convaincu des acteurs aussi différents ? L'alignement. “On aligne les besoins de chacun. Les fabricants qui font de la qualité veulent être reconnus. Les réparateurs veulent peser dans les décisions. Les consommateurs veulent savoir à qui donner leur argent.” nous précise Elsa.

Et quand on la questionne sur les avancements de l’indice de réparabilité qui “menace” le besoin du label, Elsa regarde les avancées réglementaires avec satisfaction. “L'objectif n'a jamais été de garder le monopole mais d’élever les pratiques. Si ça devient la norme, tant mieux mais au regard des temporalités réglementaires, on a encore du travail, et sinon on trouvera une autre boîte à créer, un autre problème à solutionner.” Entrepreneuse, on vous le dit ! 

Le commerce de demain ? Sobre, local et de bon sens

Sur sa vision du futur du commerce, pour la visionnaire, l'équation est simple : on ne peut pas continuer à consommer à l'infini dans un monde fini. Upcycling, réparation, local, retour du bon sens dans les échanges commerciaux… une vision qu’elle peut nourrir à l’Institut du Commerce. Depuis plus de 5 ans, entourée par des dizaines d’autres acteurs de l’écosystème qui se posent des questions et cherchent à s’améliorer en collectif, elle participe aux discussions et contribue aux actions. Et les indicateurs lui donnent raison : le recours à la réparation progresse et les consommateurs sont de plus en plus en alerte qu’on peut - quand on le peut - voter avec sa carte bleue. 

Emilie Chalvignac, directrice des opérations, nous précise : “depuis 2021, l’Institut du Commerce s’engage aux côtés du label Longtime, une initiative française robuste et indépendante qui se déploie à l’échelle européenne pour favoriser la mise en marché de produits conçus pour durer. C’est grâce à notre adhérent, Emmanuel Bernard du groupe Samse (Entrepôt du Bricolage), que nous avons noué ce partenariat. Aujourd’hui, nous collaborons avec Longtime pour permettre aux conseillers de vente de se former à la maîtrise de la vente comparative de produits fiables et réparables.”

Et vous, quand est-ce que vous les rejoignez ? 

Episode 1 avec Gaëlle Le Floch

Episode 2 avec Sylvain Ferry

Episode 3 avec Charles Kloboukoff

Episode 4 avec Katia Tardy

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Qui est notre partenaire Claire Pétreault des Pépites Vertes?

"L'avenir, ce n'est pas ce qui va nous arriver, c'est ce que nous allons faire".
Claire Pétreault a créé les Pépites Vertes en septembre 2020 à la sortie du confinement en me donnant une mission forte : motiver la nouvelle génération à bosser pour la transition écologique. Aujourd'hui les Pépites, c'est une SASU avec 3 personnes à plein temps qui coordonnent 3 activités : un média digital (45K+ abonnés), une communauté de jeunes salariés de la transition écologique (250 Pépites) et une agence de com (10+ clients parmi la Fondation Good Planet, La Banque Postale, KPMG, l'Ecole Supérieure des Agricultures).

Passionnée par la communication, les médias, le pouvoir des imaginaires, l'innovation à impact, les gens, Angers, l'écriture, les emoji, la danse, et plus que tout : la vie.
Depuis 2017, elle travaille dans l'écosystème de l'impact. Elle est passée par Cocycler, Voxe, le Drenche, la Ruche qui dit Oui et ChangeNOW dont elle a coordonné la communication pendant 3 ans. Elle est également modératrice, conférencière et enseignante à Sciences Po. Elle est membre du Conseil d'Administration du Mouvement Impact France, particulièrement impliquée sur les sujets de communication. 

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