Ormuz, canicules, incendies : et si les crises faisaient (enfin) le travail ?
L'été 2026 marquera probablement le moment où la crise écologique est devenue, aux yeux des Français, un problème sanitaire. Elle s'inscrit dans une séquence plus large : la crise du détroit d'Ormuz, notamment, a révélé notre vulnérabilité économique face à la dépendance aux fossiles et à des chaînes de valeur que nous ne maîtrisons pas.
Il serait tentant d'y voir une bascule. Et si cet été 2026 faisait enfin sortir l'écologie de son image de « problème de riches », préoccupation de bobos en quête de sens et de cause morale à défendre ? Et si elle devenait, pour le grand public comme pour les entreprises, une priorité stratégique de premier ordre, signant, comme l'évoque Parlons Climat dans une note publiée en juillet, la fin de la phase post-matérialiste de l'écologie ?
En cette rentrée 2026, les signaux sont contradictoires. D'un côté, une forte réémergence du sujet dans le débat public, des propositions qui refleurissent dans le champ politique, et un Medef qui semble faire de l'énergie et de la résilience un sujet d'importance. De l'autre, un débat public qui peine à s'élever, et le retour des affaires courantes, des difficultés économiques et des turpitudes politiques, qui laisse présager que la société passera vite à autre chose, et que le sujet reste toujours aussi clivant.
Alors : impact durable, ou amnésie express ? Et surtout, comment faire, autour de soi et dans son entreprise, de ce moment clé un véritable levier d'engagement et de transformation ?
Découvrez le replay du webinaire animé par Pierre-Alix LLORET-BAVAI, co-fondateur d'Hability (ex-2 Tonnes) pour comprendre comment utiliser le contexte actuel (Ormuz, canicules, incendies) pour accélérer la transition.
Quelques verbatims inspirants des intervenantes et intervenants
- Amélie Deloffre, cofondatrice de Parlons Climat
“Il faut passer du pourquoi au comment. Arrêter de dire que c’est un problème le climat, on le sait. Maintenant, on doit montrer comment c’est possible, pour éviter le “on y arrivera jamais”.
N°1 : Montrer que ça a déjà commencé (ex : toutes les avancées légales des 20 dernières années)
N°2 : Arrêter de vendre du rêve et donner des solutions imparfaites (ex : Véhicule électrique)
- Mehdi Coly, cofondateur de Team for the Planet
“Il faut faire le deuil du monde d’avant : les étés à 25° et la neige en hiver. La planète qu’on aimait bien n’existe plus. En faisant ce deuil, on est plus apaisé et donc plus rassurant et inspirant pour embarquer les gens avec nous. Notre rôle est de travailler à améliorer le monde d’après. On est déjà en effondrement (ex : le prix de l’essence) et c’est pas forcément négatif si ça nous pousse à changer pour faire mieux plus vite. Les crises vont s’enchainer de plus en plus, alors à nous de cranter des changements à chaque fois.”
- Eric Duverger, fondateur de la Convention des Entreprises pour le Climat,
“Je vois déjà l’impact positif énorme des entreprises qui ont pris de l’avance sur les autres :
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- Le groupe Yves Rocher a réduit sa consommation d’eau, du coup elle n’a eu aucune rupture malgré les demandes de réduction d’eau pendant l’été. Alors que d'autres usines dans la région ont dû s'arrêter une semaine
- Je pense aussi à Les vergers Boiron, des purées de fruits surgelés B2B. La Directrice RSE a été acclamée en interne fin août : “Tu nous a sauvé”. Grâce à tout ce qui a été mis en place.”
Ça ne vous donne pas de l’espoir ces exemples ? 😃"